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Dans  notre premier article voici le principal grief que nous reprochions à Jean Baptiste Malet :

 

« Le moins que l’ont puisse dire, c’est que « les anthroposophes » prennent (grosso modo) en considération ses arguments et allégations et qu’ils se saisissent de ces derniers pour y apporter éclairages et contre-arguments.

Reste à savoir si ces éclairages sont justes et si leurs contre-arguments sont fondés.

Le problème, pour l’instant en tout cas, c’est que nous ne pouvons pas trop compter sur Jean-Baptiste Malet pour nous le dire. »

 

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Jean-Baptiste Malet

En effet, en juillet 2018 Jean-Baptiste Malet écrit un article sur l’anthroposophie (et sur le mouvement hétéroclite qui tente de l’incarner depuis un siècle, qualifié de « multinationale ») dans lequel il affirme certaines  choses explicitement et en suggère d’autres, plus ou moins, implicitement.

Un grand nombre de ces affirmations et suggestions sont démenties par différents anthroposophes, à travers plusieurs articles et communiqués officiels, de manière très précise, tantôt sur un mode « témoignage », tantôt sur un mode « références sourcées ». Les arguments sont clairs et nets. Il ne reste plus qu’à les reprendre un par un pour montrer en quoi ils seraient éventuellement erronés, biaisés ou carrément malhonnêtes.

JB semble s’y coller, sur son compte Twitter, dans deux Threads (à la fin de l’été, introuvable sur le web aujourd'hui), concernant une de ses affirmations (« beaucoup » d’anthroposophes s’acoquinèrent avec les nazis) qui fût sérieusement recardé par Uwe Werner (dans son article « Transparence de l’anthr »). « Semble s’y coller » car il ne tient pas compte, dans ces deux Threads, des arguments principaux (de Werner) qui recarde cette affirmation ; comme nous l'avons  montré dans notre article précédent.

Depuis la fin de l’été 2018, nous attendons donc des réactions (ou commentaires) de JB sur tout ou partie des réfutations méthodiques, fermes, argumentées et sourcées  qu’occasionna son article du Diplo.

Plusieurs mois après : NADA !

JBM n’a rien publié en ce sens.

Lorsqu’on est en phase avec la réalité, lorsque nos affirmations sont fondées, il est simple de fermer le clapet des critiques et démentis qui pleuvent. On s’en fait même un plaisir parfois. Le vent de la vérité porte notre plume en quelque sorte. Force est de constater qu’un tel vent n’a pas soufflé sur la plume de Malet depuis son article et que ce vent a plutôt porté la plume d’un grand nombre d’anthroposophes ou de sympathisants.

En attendant, JB fait la sourde oreille, considérant peut-être que son statut de journaliste (primé de surcroît) est une sorte de paravent.

Ainsi va le journalisme.

Vous pouvez, en son nom, dire à peu près tout et n’importe quoi sur un mouvement, un courant d’idée, voire sur des personnes.

Ce que vous avez dit peut être discrédité par des arguments, des témoignages et des sources précises émanant des intéressés, des représentants du milieu en cause et d’universitaires divers et variés à travers le monde.

Peu importe ! Vous pouvez vous enfermer dans une sorte d’autisme et rester muet sans vergogne. Vos pairs ne vous le reprocheront pas, car ils font souvent de même, du reste. Pas de fautes professionnelles. Pas de scrupules personnels. No problemo ! C’est cool.

Pas trop de compte à rendre face à ceux qui devrait être les vrais patrons : le réel et l’intégrité.

Or le réel, ne se décrète pas, il ne s’assène pas. S’il peut éventuellement s’affirmer et se suggérer, en dernier ressort il se discute. Et si fondamentalement il s’expérimente et se pense individuellement, le réel transparaît aussi, bien souvent, à travers un travail collectif, un échange sincère et une ouverture d’esprit qui n’est jamais chose simple.

L’intégrité, quant à elle, est tributaire de la libre-conscience ; car il n’est pas confortable de reconnaître une erreur d’appréciation ou de jugement (a fortiori, publiquement). Et il est assez courant, malheureusement, de s’empêtrer dans une certaine mauvaise foi plutôt que d’admettre s’être trompé.

Mais il est probable que ces considérations sur le réel et l’intégrité importent peu à Jean Baptiste Malet (il ne tient qu’à lui de démentir mes propos). Quelques mois de lectures dans des bibliothèques, quelques discussions au Goethéanum, et sans doute beaucoup avec Grégoire Perra, ça lui semble suffisant pour se permettre de dire « Le Vrai » avec assurance, certitude et détermination. Cela dit, s’il considère que son article n’est qu’un témoignage personnel ou un point de vue, il aurait été opportun de le présenter ainsi. Ce ne fut pas vraiment le cas, comme nous le verrons dans l'article suivant. Il y a une prétention à l’information, donc à l’objectivité.

Au vu de toutes les réactions argumentées et démentis sourcés, cette prétention apparait comme une pauvre blague.  

 

Trois nouvelles parutions contribuent à le montrer (s’ajoutant aux précédentes) :

 

 « L’anthroposophie par les faits » de Louis Defèche est une véritable leçon de journalisme pour Jean Baptiste Malet : 61 références ; sans parler des liens web. Une déculottée monumentale !

 

« Adepte ou insoumis », l’article de Philipp Reubke, dans un autre style, démystifie, voire ridiculise - avec bienveillance malgré tout - « le délire occulto-magiko-initiatik-sektaire » ;~) que JB nous avait pondu pour rendre compte de la fête de la spirale de l’avent dans les écoles Steiner...

 

« Quand les nazis s’accaparaient la biodynamie » de Uwe Werner, qui précise divers points sur cette question (sur laquelle JB a insisté dans les deux Threads - introuvables aujourd'hui - de son compte Twitter pensant probablement avoir ainsi enfoncé le clou).

 

***

 

Nous pourrons sans doute attendre longtemps, là aussi, avant que JBM ne réponde à ces trois nouveaux articles (ne serait-ce que sur quelques points principaux). Notamment à Louis Defèche qui semble avoir été son interlocuteur sincère et ouvert au Goethéanum.

Il est très pratique de balayer d’un revers de main cette profusion d’arguments et de références (sans du tout prendre la peine d'y répondre), en suggérant qu’il est normal que tout ce beau monde irrationnel s’agite suite aux « révélations » qui les « dérangeraient ». Nous y reviendrons.

 

Plusieurs autres articles sont parus, depuis, cherchant à dissiper les malentendus les plus courants sur l’anthroposophie. Ces articles là, bien que ne concernant pas directement celui de Malet, sont malgré tout utiles pour faire apparaître le caractère inepte et caricatural de son article de Diplo.

 

« Le noyau scientifique de l’anthroposophie » de Peter Heuser (professeur principal d'anthropologie médicale à l'Université de Witten/Herdecke)

 

« Alchimie anthroposophique » de Maria Noland (doctorante en anthropologie et science de l’éducation à la Colombia University) qui présente le livre de Dan Mac Kanan (professeur de théologie à Harvard) : « Eco-alchimie : anthroposophie, l’histoire et le futur de l’écologie » paru aux Presses universitaires de Californie.

 

« L’esprit selon Rudolf Steiner » extrait du livre de Wolfgang Schad ("Rudolf Steiner et sa relation à la science" – Ed. Triades 2016).

 

"L'école Steiner-Waldorf et la liberté pédagogique" de Clément Defèche (professeur de sciences à l'Ecole Steiner de Colmar).

 

***

 

Rappelons également ici, pour un panorama complet, les articles, ou communiqués officiels, qui étaient parus tout de suite après l’article de Malet en Juillet 2018 :

« Lettre ouverte à Jean-Baptiste Malet… », la réaction critique de Françoise Bihin publiée sur son blog personnel et sur le site d’actualité de l’anthroposophie « Aether »

« Communiqué du comité de la SAF », le communiqué officiel du comité de la Société Anthroposophique en France rédigé par Alain Tessier 

Le communiqué très bref de la Fédération internationale des associations médicales anthroposophiques

Le communiqué du Mouvement de l'Agriculture Bio-Dynamique (MABD)

« Transparence de l’anthroposophie », le premier article de Uwe Werner réagissant à quelques points de l’article de Jean-Baptiste Malet et particulièrement à la question du rapport entre les anthroposophes et les nazis (étant donné qu’il est l’auteur d’une étude sur le sujet)

Toutes ces personnes et institutions, bien que reliées par leur appartenance au courant anthroposophique, sont indépendantes les unes des autres, précisons le.

 

 ***

 

Et du coté de Malet, quoi de neuf depuis cet été ?

S’est-il senti quelque peu concerné par cette avalanche de réactions et de démentis argumentés et sourcés ?

On a vraiment l’impression que non, pas le moins du monde !

 

Il n’a fait que confirmer ses vues dans deux interventions publiques :

L’interview de JB par la radio suisse le 11 septembre 2018 et son intervention au colloque zététique « Radicalismes religieux et sectes : menaces sur la santé & la science » dans le Languedoc-Roussillon, au coté de Grégoire Perra (nous n'en connaissons pas la date).

 

Après la petite recontextualisation qui a précédé, nous allons prendre le temps de commenter tranquillement l'interview suisse de Malet concernant l’anthroposophie dans un prochain article. Cette intervention constitue l’unique « service après vente » publique que nous avons trouvé sur le web depuis l’article du Diplo (en dehors de ces deux threads). Nous commenterons peut-être son intervention (bien plus discrète) au colloque zététique ultérieurement ; un contexte, sans doute, tout aussi neutre, et "pas du tout à charge", que son article...  :~)

A la radio suisse, nous n’avons pas constaté une réelle prise en compte des arguments précis et sourcés émanant de l’avalanche de critiques de son article. On a l’impression que JB les considère comme une sorte d’agitation bien normale suite à son billet.  Ils sont pas content les anthroposophes. Ben oui, normal, j’ai dit des trucs qu’ils n’ont pas aimés… Aurait-il pu dire.

En suivant cette logique tordue, nous pourrions donc raconter plus ou moins n’importe quoi d’infamant ou de discriminant sur JB Malet ou le Diplo (par exemple) et diffuser cela à grande échelle en France et dans le monde (si des moyens de diffusions de masse étaient présentement à notre disposition) ; ils protesteraient et se défendraient pour laver leurs honneurs, clarifier les choses et rétablir la vérité, à juste titre ; et nous n’aurions qu’à sous entendre que c’est normal qu’ils s’agitent, car, bien évidemment, ils ne voulaient pas que nous révélions « toutes ces choses » (affirmées ou suggérées).

 

La diffamation ? Quesako ?

La calomnie ? No comprendo !

L’erreur ? Impossible, j’ai reçu un prix prestigieux.

Ben voyons…

 

Ne nous lassons pas de le répéter : déterminer si diffamation, calomnie ou erreur il y a (ou non), ne peut se faire qu’en produisant des arguments, des références et des sources (notamment à travers un nombre conséquent de témoignages qui se recoupent).

Il s’avère que ceux et celles qui sont articulés, exposées et relatées dans la petite dizaine de réactions que l’article de Jean-Baptiste Malet a suscité sont, en l’absence de contre-arguments et éclairages nouveaux de Malet, déterminant pour se faire un avis réaliste sur la question.

 

Précisons pour finir, que notre présent article n’est motivé que par la volonté ferme et intègre de faire apparaître la réalité. Nous pensons que cette dernière apparaît bien souvent lors d’échanges libres et de débats rigoureux.

Nous constatons encore, neuf mois plus tard, que seuls les anthroposophes y sont vraiment disposés concernant l’article de Jean-Baptiste Malet. Ils ont repris quasiment tout les points soulevé dans le Diplo et ont fait apparaître la légèreté des arguments et références qui y étaient produits. La balle est dans le camp de JB, pourrait on dire. Mais il ne semble pas s'en soucier outre mesure.

 

Par souci d’exhaustivité, et en toute transparence, signalons la réaction de Grégoire Perra concernant l’article du Monde Diplomatique sur l’anthroposophie. Pour se faire une opinion, il faut entendre tous les sons de cloches :

Remercier la Rédaction du Monde Diplomatique ! Grégoire Perra (11.07.18 - Véritésteiner)

Quelques petits extraits :

"En écrivant un tel article, Jean-Baptiste Malet s’inscrit dans les pas des très grands noms de la presse et dans le sillage des immenses journalistes qui ont un jour par leur plume changé le cours de l’Histoire."

"Jean-Baptiste Malet est un individu rare et un journaliste comme on en rencontre quasiment jamais : non seulement intelligent et vif, érudit et agile, astucieux et débrouillard, mais également loyal et droit, doué de capacité d’empathie et de générosité..."

"... je dirais à tout ceux qui douteraient encore de l’existence des chevaliers, ou qui penseraient que ce monde n’en contient plus depuis fort longtemps, que le travail de Jean-Baptiste Malet est susceptible de leur apporter un démenti faisant chaud au coeur"

"...qu’il n’arrive pas uniquement des lettres d’anthroposophes – en service commandé, mobilisés pour l’occasion par les cornes de brume et les sonnettes d’alarme de leurs dirigeants..."

Grrgnnnn.. Allo, la base ? Le Chevalier Perra nous a démasqué ; késkonfè ? Il sait qu'on est des gnomes automatisés au service du Grand Gourou Bodo. Euh, hein ? Il a été viré Bodo ? Ah, et c'est ki là, le Grand Gourou maintenant ?Je sais pas moi.. Ah, c'est le bordel ? Euh, ben, on obéis à ki du kou ? A nous même ? çavapa, on sait pa faire ça, t ouf.  :-)

 

Par ailleurs, voici un article de Libération paru le 30 octobre 2018 nuançant quelque peu celui de Jean-Baptiste Malet :

"L"anthroposophie est-elle une secte" de Guillaume Lecaplain.


Vous pensez bien que ce journaliste nuancé est DONC forcément très mauvais, comme nous l'explique Grégoire Perra :

"...Lecaplain doit faire sa mine de journaliste nuancé.."

 

A chacun de juger.

Cela demande du temps, un esprit tout aussi ouvert que critique (voir l'article du journal suisse de référence Le Temps, paru 15 jours après celui de Malet) et peut-être un peu de sagesse.

 

 

 

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Sur l’auteur du présent article (Lartigue) :

je suis un lecteur de Rudolf Steiner depuis une vingtaine d’année. Bien que les connaissant un peu, je ne fréquente quasiment pas les milieux anthroposophiques. Mon approche de l’œuvre de Steiner et ma manière de le défendre n’appartiennent qu’à moi. Par conséquent, mes propos n’engage personne d’autre ; absolument pas  une quelconque institution, et encore moins le mouvement ou le courant anthroposophique. Ce dernier, comme tout courant de pensée, ne me semble pas partucilièrement homogène, du reste.

Je développe un peu plus, sur mon parcours et mon état d’esprit, dans l’article suivant qui commente l’interview de Malet à la radio Suisse.